120 ans de présence chinoise


Le Quartier chinois virtuel de Québec

Cent vingt ans de présence chinoise à Québec
par Christian Samson
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La démographie.

Nous retrouvons la première trace du passage de Chinois à Québec dans le recensement de 1891; ils étaient deux. En 1901, 28 Cantonais étaient présents sur le territoire de la ville. Le journal Le Soleil du 2 mai 1910 rapporte qu’ils étaient soixante à cette date. Selon le chercheur Ban Seng Hoe, la population chinoise de la ville de Québec ne grandissait pas aussi rapidement que celles, par exemple, d’Edmonton ou Saskatoon en raison du manque de transport approprié. En effet, le transcontinental ne passait pas directement par le territoire de Québec. Quand l’interdiction d’immigration des Chinois au Canada fut déclarée par le gouvernement fédéral en 1923, il se dénombrait entre 450 et 500 de ceux-ci dans la Capitale. C’était presque exclusivement des hommes seuls. Le ratio hommes/femmes sera longtemps grandement inégalitaire parmi cette communauté. Selon un témoin de l’époque, en 1934 la ville de Québec ne compte pas encore de Chinoises. Pendant toute la première moitié du vingtième siècle, cette minorité demeurera majoritairement masculine. Malgré cela, la population chinoise augmentera tranquillement jusqu’aux débuts des années cinquante. Durant la première demie du vingtième siècle, ceux-ci résidaient prêts de leurs commerces, soit dans les quartiers centraux de la ville. À Québec même, l’on en retrouvait une grande partie dans le quartier Saint-Roch, même si certains habitaient dans d’autres endroits. Après la Deuxième Guerre mondiale, ceux-ci se déplaceront, en grande partie, comme le reste de la société, vers les nouvelles banlieues-dortoirs.

En raison de l’élimination de la réglementation interdisant l’immigration chinoise au Canada en 1947 et grâce à des lois fédérales de 1952 et 1962 favorisant les réunions des familles, la population chinoise de la ville va passer de 188 personnes en 1951 à 600 en 1971. Durant cette période la présence de Chinoises devint plus importante. Malgré tout, divers facteurs viendront ralentir, à partir des années soixante, la progression de cette communauté culturelle dans la grande région de Québec. Des expropriations et des destructions d’édifices feront quitter le centre-ville à quelques-uns de ceux-ci. De plus, beaucoup de ceux-ci devenu vieux décideront de migrer vers le « chinatown » de Montréal pour se rapprocher des services dans leur langue maternelle. Les parents choisiront également d’envoyer leurs enfants étudier en anglais dans des institutions universitaires hors de la région. Plus tard, ces mêmes enfants ne reviendront bien souvent pas à demeurer à l’endroit de leur naissance. Durant les dernières décennies, l’immigration chinoise fut beaucoup plus diversifiée qu’auparavant. Désormais, ceux-ci proviennent d’un peu partout en Chine. De nos jours, le phénomène de l’adoption internationale fait en sorte que nous pouvons retrouver deux fois et demie plus de Chinoises que de chinois dans la région.





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